Vous vous demandez si votre contrat d’assurance vie doit figurer dans votre déclaration de revenus. La réponse n’est pas toujours intuitive, et beaucoup passent à côté d’optimisations simples. Ce guide clarifie quand et comment déclarer l’assurance vie, avec des exemples concrets pour éviter les erreurs fréquentes et tirer le meilleur parti des règles fiscales.
💡 À retenir
- Non, le contrat n’est pas à déclarer en lui‑même. Vous déclarez les gains lors d’un rachat, les sommes reçues au décès et tout contrat ouvert à l’étranger.
- 70% des assurés ne savent pas s’ils doivent déclarer leur assurance vie.
- Les exonérations fiscales selon le montant et l’âge du contrat.
- Les délais de déclaration et pénalités possibles en cas de non-déclaration.
Pourquoi déclarer l’assurance vie ?
En pratique, vous n’avez pas à mentionner l’existence du contrat dans votre déclaration. En revanche, vous devez déclarer l’assurance vie lorsque vous retirez de l’argent (rachat) et que des gains sont imposables, ou lorsque vous percevez un capital en tant que bénéficiaire après un décès. Déclarer l’assurance vie dans ces cas garantit une imposition correcte et évite les mauvaises surprises.
La déclaration sert aussi à optimiser vos choix fiscaux. Vous pouvez, dans certains cas, opter entre un prélèvement forfaitaire et le barème progressif de l’impôt. Enfin, si le contrat est détenu à l’étranger, il doit être signalé via le formulaire 3916/3916-bis, indépendamment de tout rachat.
La confusion est courante. Une étude montre que 70% des assurés ne savent pas s’ils doivent déclarer leur assurance vie. D’où l’intérêt de clarifier le fonctionnement du contrat pour mieux comprendre à quels moments une déclaration s’impose.
Qu’est-ce que l’assurance vie ?
L’assurance vie est une enveloppe d’épargne souple. Vous versez des primes, elles sont investies sur un fonds sécurisé en euros et/ou sur des supports plus dynamiques en unités de compte. Le contrat sert à épargner sur le long terme et à transmettre un capital à un ou plusieurs bénéficiaires, avec un régime fiscal spécifique.
Les différents types d’assurance vie
On distingue le monosupport en euros, privilégié pour la sécurité, et le multisupport, qui combine fonds en euros et supports investis en actions, obligations, immobilier. Le type de contrat n’oblige pas en soi à déclarer l’assurance vie, mais il influence la façon dont les gains sont calculés et taxés au moment d’un rachat.
Comment déclarer l’assurance vie ?

La déclaration intervient l’année suivant l’événement imposable. Si vous effectuez un rachat, l’assureur émet un imprimé fiscal unique (IFU) détaillant la part de gains à reporter. Les montants sont parfois préremplis, mais il reste essentiel de vérifier qu’ils correspondent à vos opérations.
Pour les bénéficiaires d’un capital décès, la déclaration ne se fait pas dans l’impôt sur le revenu, mais via les formulaires de succession adaptés. Les contrats ouverts à l’étranger doivent, eux, être signalés chaque année, même sans rachat ni gains.
Étapes de la déclaration
- Rassemblez vos documents: IFU de l’assureur, relevé annuel, justificatifs de rachats.
- Identifiez la part de gains imposables sur chaque rachat; l’assureur calcule cette fraction.
- Choisissez le mode d’imposition: prélèvement forfaitaire (souvent par défaut) ou barème de l’IR si plus favorable.
- Reportez les montants dans la rubrique « revenus de capitaux mobiliers » de votre déclaration (formulaire 2042).
- En cas de capital décès, utilisez la déclaration partielle de succession appropriée (ex. 2705-A) dans les délais.
Cas particuliers
Rachat partiel: seule une part du montant retiré est considérée comme du gain imposable. Exemple simple: votre contrat vaut 20 000 €, dont 2 000 € de gains. Vous retirez 5 000 €. La fraction imposable est 5 000 × 2 000 / 20 000 = 500 €.
Contrat ouvert à l’étranger: vous devez le signaler chaque année via le formulaire 3916/3916-bis, même sans rachat. Le défaut de déclaration peut entraîner une amende forfaitaire par contrat et par année non déclarée.
Dénouement par décès: les bénéficiaires disposent en principe de 6 mois après le décès (12 mois si décès hors de France) pour accomplir les formalités. Les règles applicables diffèrent selon l’âge de l’assuré au moment des versements et les montants transmis.
Les erreurs à éviter
- Confondre capital et gains: seule la part de gains est imposable lors d’un rachat.
- Oublier de déclarer un contrat détenu à l’étranger, même sans mouvement.
- Ignorer les délais: retard de déclaration possible majoration de 10% et intérêts de retard de 0,20% par mois.
- Négliger le choix fiscal PFU vs barème: faites une simulation avant de valider.
- Perdre l’IFU: conservez-le avec les relevés annuels pour justifier vos montants.
Les implications fiscales
Lors d’un rachat, les gains sont soumis au prélèvement forfaitaire unique (PFU) et aux prélèvements sociaux. Par défaut, le PFU applique une imposition forfaitaire, mais après huit ans de contrat, vous bénéficiez d’un abattement annuel de 4 600 € / 9 200 € (personne seule / couple), appliqué sur les gains imposables.
Au-delà de huit ans, la fraction de gains correspondant à des primes versées jusqu’à 150 000 € par personne profite d’un taux d’impôt réduit. Le surplus reste taxé au taux standard du PFU. Les prélèvements sociaux s’appliquent dans tous les cas, avec un prélèvement courant sur les intérêts des fonds en euros et au rachat pour les unités de compte.