Est-ce que Bybit est autorisé en France ?

Bybit a longtemps figuré sur la liste noire de l’AMF, ce qui rendait son utilisation risquée pour les résidents français. La situation a changé depuis l’obtention par Bybit EU GmbH d’une licence MiCA en mai 2025, délivrée par le régulateur autrichien (FMA). Cette autorisation permet à l’entité européenne de proposer ses services en France via le mécanisme de passeport européen.

Bybit et la liste noire AMF : ce qui a réellement changé

L’AMF avait inscrit Bybit sur sa liste noire des plateformes non autorisées, un signal clair adressé aux épargnants français. Cette inscription signifiait que la plateforme opérait sans enregistrement PSAN (prestataire de services sur actifs numériques) et ne respectait pas le cadre réglementaire français.

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En février 2025, Bybit a été retiré de cette liste noire. Ce retrait ne valait pas encore autorisation : il marquait simplement la fin d’une situation d’infraction caractérisée. Le vrai tournant réglementaire est intervenu quelques mois plus tard.

Le 28 mai 2025, Bybit EU GmbH a obtenu le statut de CASP (crypto-asset service provider) au titre du règlement MiCA, auprès de l’Autorité des marchés financiers autrichienne. Grâce au passeport européen prévu par MiCA, cette licence couvre l’ensemble de l’Espace économique européen, France comprise. Bybit EU figure désormais sur la liste blanche de l’AMF des prestataires autorisés.

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Jeune femme française consultant une application d'échange de cryptomonnaies comme Bybit sur son smartphone dans un espace de coworking

Bybit.com et Bybit EU : une distinction que les utilisateurs français doivent connaître

La licence MiCA couvre exclusivement l’entité Bybit EU GmbH et son domaine dédié. La plateforme globale bybit.com, elle, continue de lister la France parmi les pays où ses services sont restreints. Plusieurs comparateurs et revues spécialisées confirment cette distinction.

Pour un résident français, la conséquence pratique est la suivante :

  • L’accès aux services crypto via l’entité européenne Bybit EU est légal et couvert par la licence MiCA autrichienne passeportée en France
  • L’utilisation directe de bybit.com reste officiellement non disponible pour la France selon les conditions générales de la plateforme globale
  • Les produits accessibles, les niveaux de levier et les fonctionnalités peuvent différer entre les deux versions, l’entité européenne devant se conformer aux exigences MiCA en matière de protection des utilisateurs

Cette séparation entre entité globale et entité régulée n’est pas propre à Bybit. Binance a adopté un schéma similaire avec Binance France, et d’autres plateformes comme Bitget ou OKX structurent aussi leurs opérations européennes via des filiales dédiées.

Règlement MiCA et plateformes crypto autorisées en France : le nouveau cadre

Le règlement MiCA (Markets in Crypto-Assets), entré pleinement en application pour les prestataires de services crypto, remplace progressivement les régimes nationaux d’enregistrement comme le statut PSAN français. Depuis le 1er juillet 2026, seules les sociétés autorisées au titre de MiCA peuvent légalement proposer des services sur crypto-actifs dans l’Union européenne.

Pour les utilisateurs français, cela signifie que la liste blanche de l’AMF recense désormais les CASP autorisés via MiCA, qu’ils soient enregistrés en France ou dans un autre État membre. Un prestataire agréé en Autriche, en Allemagne ou en Irlande peut servir les clients français sans enregistrement supplémentaire auprès de l’AMF.

Ce cadre uniformisé a poussé plusieurs plateformes à migrer ou fermer leurs services en Europe. La période de transition qui s’est achevée mi-2026 a vu des acteurs non conformes perdre l’accès au marché français. Les plateformes restantes, dont Bybit EU, opèrent sous des obligations renforcées :

  • Ségrégation des fonds clients
  • Obligations de transparence sur les frais et les risques liés aux cryptomonnaies
  • Procédures de lutte contre le blanchiment alignées sur les standards bancaires européens
  • Publication d’un livre blanc pour chaque crypto-actif listé, sauf exceptions prévues par le règlement

Ce que la licence MiCA ne garantit pas

Une licence MiCA atteste de la conformité réglementaire d’une plateforme. Elle ne constitue pas une garantie sur la sécurité des fonds en cas de faillite, ni une recommandation d’investissement. Le risque de perte en capital reste entier sur les cryptomonnaies, qu’elles soient négociées sur une plateforme régulée ou non.

L’AMF elle-même rappelle régulièrement que l’inscription sur la liste blanche ne vaut pas label de qualité. Elle signifie uniquement que le prestataire respecte les exigences minimales fixées par la réglementation européenne.

Bybit en France : les limites à garder en tête

L’autorisation de Bybit EU en France est récente. Les retours terrain sur le fonctionnement effectif de l’entité européenne pour les résidents français restent encore limités. Plusieurs points méritent attention.

Le support client en français, la disponibilité de l’ensemble des paires de trading et les moyens de dépôt en euros via l’entité européenne ne sont pas documentés de façon exhaustive dans les sources disponibles. Bybit EU GmbH est autorisé, mais l’expérience utilisateur reste à évaluer sur la durée.

Les produits dérivés à fort effet de levier, qui ont fait la réputation de Bybit à l’international, pourraient être restreints ou encadrés différemment sous MiCA. Le règlement européen impose des garde-fous spécifiques sur les instruments les plus risqués, ce qui peut limiter l’accès à certaines fonctionnalités pour les utilisateurs français par rapport à la version globale.

Pour vérifier à tout moment le statut d’une plateforme crypto en France, la liste blanche et la liste noire de l’AMF restent les références officielles. Elles sont mises à jour régulièrement et accessibles sur le site de l’Autorité des marchés financiers. Toute plateforme absente de la liste blanche ne dispose pas d’autorisation pour opérer légalement auprès des résidents français.

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